Plan directeur Concorde : un quartier où il fera bon vivre

  • , actualisé le
  • par GHS

Entre les avenues de l’Ain, d’Aïre et de Châtelaine, le quartier de la Concorde poursuit sa transformation urbaine et se reconstruit sur lui-même tout en souhaitant devenir plus beau qu’avant !

Une particularité du Plan directeur de quartier (PDQ) Concorde, c’est qu’il vise à densifier et à transformer un quartier déjà existant, déjà habité depuis plus d’un siècle – et qui de plus se trouve à cheval sur deux communes, la Ville de Genève et la Ville de Vernier. Par conséquent sa mise en œuvre, complexe, demande une étroite coordination entre les différents acteurs de la transformation, notamment les deux villes et le canton de Genève pour ce qui est des espaces publics et des infrastructures.

 Une vision pour transformer le quartier

Faut-il le rappeler, en 2008, lorsque les autorités ont commencé à envisager de construire plus de logements dans le périmètre, des habitant·es d’alors se sont mobilisé·es pour pouvoir exprimer et faire prendre en compte leurs souhaits pour le futur quartier. Entre 2008 et 2009, lors de plusieurs rencontres participatives intitulées « Votre quartier change... », ces souhaits ont pu être élaborés collectivement.

La vision du nouveau quartier qui a émergé alors peut se résumer ainsi. Le quartier une fois densifié doit rester agréable à habiter, avec des immeubles qui aient une qualité architecturale. En contrepartie de la densification et de l’augmentation de la population du quartier, il faut des espaces publics plus nombreux (placettes, parcs,...) pour que toutes et tous puissent y trouver leur place. La circulation de transit motorisée doit être limitée au maximum pour garder un certain calme dans le quartier, tout en permettant aux habitant·es d’accéder chez eux avec leur véhicule privé. Les traversées des axes routiers qui entourent le quartier (avenues de l’Ain et d’Aïre) doivent être facilitées pour les piétons et les cycles.

 Une feuille de route qui engage les autorités

Cette vision rassemblant les souhaits habitants a ensuite été transmise aux services d’urbanisme chargés de préparer le plan pour la transformation du quartier. Puis en 2013, ce Plan directeur de quartier a été adopté par les Conseils municipaux de Genève et de Vernier, et approuvé par le Conseil d’État. Le PDQ souligne notamment (p.14) les objectifs et projets qui ont force obligatoire pour les autorités.

La mise en œuvre du PDQ Concorde a démarré dès 2014, pour durer 10 à 15 ans (soit jusqu’en 2028 ou 29), ce qui est une durée habituelle à l’échelle de la transformation urbaine. Mais pour la vie quotidienne des personnes qui vivent dans le quartier, c’est long – et il est donc d’autant plus important que cette transformation ne « traîne pas en longueur » plus que nécessaire.

 La densification presque achevée

Au printemps 2026, la densification qualitative de la Concorde est pratiquement achevée : les opérations de démolition et de reconstruction prévues sont toutes terminées, à part le « secteur T », à la pointe sud du périmètre, entre les avenues de l’Ain, d’Aïre et de la Concorde. Selon les chiffres de l’Office cantonal de la statistique, de 2014 à 2025, la population du quartier est passée de 4188 à 5’238 habitant·es, soit une augmentation de 25 %.

 Espaces publics et infrastructures de mobilité : où en est-on ?

La question des infrastructures de mobilité et celle des espaces publics vont ensemble, car il faut partager l’espace existant disponible dans le périmètre pour pouvoir répondre au besoin de se déplacer et au besoin de se délasser : les gens doivent pouvoir aller faire leurs courses, se rendre à l’école, au travail ou en visite par exemple, mais aussi trouver des lieux proches de détente et de loisirs, de balade et de rencontre.

Les principaux projets et chantiers d’infrastructures et d’espaces publics prévus dans le PDQ Concorde sont étroitement imbriqués et doivent donc être réalisés de manière coordonnée par le Canton, la Ville de Genève et la Ville de Vernier.

Avenue Henri-Golay, rue Jean-Simonet, rond-point Concorde
Le réaménagement paysager de ces deux rues et du rond-point permettra de doter le quartier d’espaces publics verts plus généreux, tout en apaisant la circulation routière de transit et en assurant l’accès en véhicules pour les habitant·es et les services. C’est la Ville de Vernier qui est en charge de ce projet, actuellement en cours d’étude. Le réaménagement paysager de ces espaces pourra être réalisé une fois que le rond-point de la Concorde aura été désaffecté.

Avenue de l’Ain
Le chantier de réaménagement paysager de l’avenue de l’Ain et de ses abords, avec amélioration des pistes cyclables et des trottoirs, a débuté en mai 2025 pour une durée prévue de 3 ans. Il est mené par l’Office cantonal du génie civil (Département de la santé et des mobilités), en collaboration avec la Ville de Vernier. Dans le cadre de ce chantier, seront aussi réalisés :

  • Le nouvel accès au quartier par la rue Jean-Simonet, via une bretelle de et vers l’avenue de l’Ain, avec une voie de ralentissement pour l’entrée, ainsi que des feux pour la sortie, un U-Turn et une traversée piétonne et cyclable sous le viaduc de l’Écu à la hauteur de Concorde espace culture.
  • Le nouveau passage inférieur élargi, en lieu et place du passage existant sous l’avenue de l’Ain, afin d’améliorer les liens de mobilité douces (piétons, voies cyclables) entre les quartiers Concorde et Libellules. La réalisation de ce chantier nécessite également que le rond-point de la Concorde soit désaffecté au préalable.

Avenue d’Aïre et avenue de la Concorde
Ce projet doit permettre la désaffectation du rond-point de la Concorde et du chemin Désiré afin de réduire la circulation de transit au sud du quartier, en concentrant tous les mouvements sur les axes routiers des avenues d’Aïre et de l’Ain. Il inclut la réalisation d’une nouvelle bretelle et d’un U-Turn pour circuler entre ces deux avenues, la transformation en giratoire du carrefour avec le chemin des Sports et l’avenue de la Concorde, et le réaménagement paysager des des avenues d’Aïre et de la Concorde. Ce projet est mené par la Ville de Genève. Il est essentiel à plusieurs titres pour la réalisation du PDQ, notamment pour les projets suivants, qui en dépendent :

  • Construction de 3 immeubles (environ 200 logements) et aménagements extérieurs, après démolition des immeubles et villas au « secteur T » du PDQ, par la Fondation HBM Émile-Dupont et la coopérative d’habitation Totem.
  • Transformation du rond-point de la Concorde en espace vert public pour le quartier (voir plus haut).
  • Élargissement du passage inférieur sous l’avenue de l’Ain pour faciliter la circulation piétonne et cycliste de part et d’autre de cet axe routier d’importance cantonale (voir plus haut)

 Mener à bien la transformation urbaine

Maintenant que la construction de logements dans le périmètre de la Concorde est pratiquement achevée, il revient aux collectivités publiques de tenir sans plus tarder leurs engagements sur les travaux d’infrastructure qui permettront des espaces de vie agréables et qualitatifs, promis par le PDQ en contrepartie de la densification.

A ce titre le projet de transformation du carrefour entre l’avenue d’Aïre, le chemin des Sports et l’avenue de la Concorde, avec la réalisation du U-Turn et le réaménagement paysager de ces avenues, est essentiel à la transformation du quartier de la Concorde telle que prévue en 2013. Il rendra possible tant la modération de la circulation de transit que l’aménagement d’espaces verts publics de qualité, non seulement sur les deux avenues directement concernées par le projet mais aussi dans le reste du quartier. Ce projet tient également compte des remarques et réticences exprimées, ces dernières années, par des groupements d’habitant·es des quartiers situés entre l’avenue d’Aïre et le Rhône. Il facilite aussi les traversées piétonnes de l’avenue d’Aïre pour les usagers de tous âges. Difficile de faire mieux dans le contexte contraint des hauts de l’avenue d’Aïre.

A contrario, si ce projet ne se réalisait pas, parce que les engagements pris par le acteurs politiques en 2013 étaient abandonnés en cours de route, les quartiers alentours et leurs habitant·es, en nombre croissant, n’en tireraient que des désavantages. Les mobilités n’en seraient pas améliorées. Et sans espaces publics suffisants et de qualité, la tâche de retisser le vivre ensemble et la cohésion sociale entre habitant·es récent·es et de longue date n’en serait que plus ardue. La crédibilité du monde politique pourrait bien se voir écornée car le sens-même du PDQ Concorde serait jeté aux orties, en même temps que les contreparties promises à la densification, en termes d’espace publics qualitatifs et d’amélioration des infrastructures de mobilité dans et autour du quartier !

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